Erevan, Arménie : la ville de tuf rose, la Cascade et la montagne

Guide de la ville avec infos clés, voyages, business et culture.

ArménieYerevan

Aperçu

Erevan est bâtie presque entièrement dans une seule pierre — un tuf volcanique rose extrait tout près — ce qui fait qu'une capitale entière change de couleur au fil de la journée.

La ville de tuf rose

Une capitale parementée presque entièrement de tuf volcanique local et redessinée dans les années 1920 sur un plan radioconcentrique — boulevard en anneau, avenues rayonnantes, place ovale.

La Cascade et l'Ararat

Un escalier monumental en gradins, doublé d'escaliers mécaniques intérieurs et d'une collection de sculpture moderne, couronné par la plus belle vue de la ville sur le double cône enneigé.

Manuscrits et alphabet

Les dizaines de milliers de codex du Matenadaran, et un alphabet de trente-huit lettres conçu au Ve siècle pour cette seule langue et utilisé sans interruption depuis.

Lavash, khorovats et abricots

Un pain très fin cuit sur la paroi d'un four de terre, la grillade sur sarments, des salades très herbacées, et des fruits assez bons pour que l'abricot porte le nom du pays.

Garni et Guéghard

Un temple classique à colonnade au-dessus d'une gorge d'orgues basaltiques, et un monastère aux salles creusées dans la falaise dont l'acoustique interrompt les conversations.

Cafés et vie du soir

Un parc en anneau qui se remplit au crépuscule, des fontaines musicales sur la place centrale, et une habitude de rester dehors tard qui tient de la Méditerranée malgré le climat continental.

Histoire

Erevan occupe un plateau d'altitude entouré de volcans éteints, sur un site habité depuis l'Antiquité — la forteresse d'Erebouni, à sa lisière sud, remonte au VIIIe siècle avant notre ère. Mais la ville que voit le visiteur est pour l'essentiel une composition du XXe siècle : redessinée dans les années 1920 par Alexandre Tamanian sur un plan radioconcentrique et exécutée presque entièrement en tuf rose local, mêlant proportions classiques et motifs ornementaux repris de la sculpture arménienne médiévale.

Culture

Le lavash — pain très fin cuit contre la paroi d'un tonir de terre — est la base et figure au patrimoine immatériel. Le khorovats, grillade sur sarments de vigne, tient le centre de table ; dolma, salades d'herbes, fromage filé et soudjoukh complètent. Abricots et grenades sont exceptionnels, et le cognac arménien reste la fierté du pays. Festivals : Vardavar, la fête de l'eau, en été, Yerevan Wine Days, au printemps, L'Abricot d'or, festival international du film (juillet). Musées : Le Matenadaran, dépôt de manuscrits, Le centre Cafesjian, dans la Cascade, Le Musée d'histoire de l'Arménie, place de la République, La forteresse-musée d'Erebouni, au sud de la ville, La maison-musée Charles-Aznavour.

Infos pratiques

Sécurité : Capitale sûre et détendue, où s'appliquent les précautions urbaines ordinaires. Les vraies contraintes sont climatiques : chaleur estivale sévère et sèche, neige et verglas l'hiver sur des rues en pente, et à mille mètres un soleil plus dur et des soirées plus fraîches que la température du jour ne le laisse croire. Les trottoirs des vieux quartiers sont irréguliers. Langue : Arménien, écrit dans son alphabet propre de trente-huit lettres. Le russe est largement compris, l'anglais courant chez les jeunes générations et dans l'hôtellerie, et le français se rencontre plus qu'ailleurs dans la région : l'Arménie est membre de la Francophonie et a accueilli son sommet à Erevan. Monnaie : Dram arménien. Les cartes passent au centre, dans les hôtels et les grands restaurants ; marchés, petits cafés et taxis hors application préfèrent les espèces, et les bureaux de change sont nombreux.
Aperçu voyage

Pour ce lectorat, l'Arménie arrive rarement par une brochure : elle arrive par une voix et par des noms de rue, à Marseille, à Lyon, à Paris, à Montréal. Erevan rend la politesse. La place centrale du quartier des théâtres porte le nom de Charles Aznavour, un musée lui est consacré, et le pays est membre de l'Organisation internationale de la Francophonie — dont il a accueilli le sommet ici même en 2018, ce qui surprend toujours ceux qui l'apprennent. On y entend donc du français plus souvent que la géographie ne le laisserait prévoir. Cela dit, la ville se comprend d'abord par sa pierre. Erevan est posée à un millier de mètres d'altitude, sur une pente au-dessus d'une gorge, dans un paysage de volcans éteints, avec le double cône de l'Ararat qui occupe tout l'horizon du sud-ouest — assez proche pour dominer chaque échappée, et situé au-delà de la frontière, en Turquie. Presque tout est bâti dans le tuf volcanique local, décliné du crème au rose et à l'abricot, si bien que des avenues entières partagent la même teinte et que la ville vire à la lumière rasante. Cette unité n'a rien d'un hasard : la capitale a été largement redessinée dans les années 1920 par l'architecte Alexandre Tamanian, sur un plan radioconcentrique — boulevard circulaire, avenues rayonnantes, place monumentale — entièrement exécuté dans cette pierre.

Découvrir Erevan

La pierre est la première chose à saisir. Le passé volcanique de la région a laissé d'énormes gisements de tuf — roche légère et facile à travailler, formée de cendres consolidées — dans des teintes allant du crème pâle au rose puis à un rouge abricot, et Erevan en est parementée presque partout. Comme il se taille aisément et durcit à l'air, il se prêtait à la construction de masse ; comme les carrières locales donnent ces teintes-là, on obtient une capitale d'une seule palette. L'effet culmine aux deux extrémités du jour, quand le soleil bas rend les façades franchement roses. La seconde moitié de l'explication tient à l'urbanisme. Dans les années 1920, Alexandre Tamanian redessine la ville selon un plan radioconcentrique : un boulevard vert en anneau à l'emplacement des anciennes limites, de larges avenues rayonnant depuis une place centrale, et un langage architectural délibéré, mêlant proportions classiques et motifs empruntés à la sculpture des églises arméniennes médiévales — arcatures, bordures géométriques, rosaces que l'on finit par remarquer jusque sur des immeubles d'habitation ordinaires. La place de la République en est la pièce maîtresse : un ovale de bâtiments de tuf autour d'un bassin, illuminé le soir.

Questions fréquemment posées

Parce qu'elle est bâtie dans une seule pierre. Le passé volcanique de la région a laissé d'immenses gisements de tuf aux teintes rose, crème et abricot, dont la capitale est parementée presque partout : des avenues entières partagent la même palette et la ville vire visiblement à la lumière rasante, surtout tôt et tard.

Oui, par temps clair il occupe tout l'horizon du sud-ouest, et le sommet de la Cascade en est le point de vue classique. Il se dresse au-delà de la frontière, en Turquie. La brume estivale le masque fréquemment : les matins de printemps et d'automne offrent de bien meilleures chances.

Plus qu'ailleurs dans la région. L'Arménie est membre de l'Organisation internationale de la Francophonie et en a accueilli le sommet à Erevan ; la ville a une place et un musée Charles-Aznavour, et les liens avec la diaspora francophone entretiennent un usage réel, quoique minoritaire à côté du russe et de l'anglais.

Missions diplomatiques à Erevan

3 missions dans cette ville, regroupées par région.