Manama, Bahreïn : la route des perles, le souk et quatre mille ans de Dilmoun

Guide de la ville avec infos clés, voyages, business et culture.

BahreïnCapital

Aperçu

Les perles naturelles qui ont fait la fortune de la place Vendôme venaient de ces bancs-ci — et Bahreïn reste le seul endroit où la perle de culture est interdite à la vente.

La route des perles

Un itinéraire UNESCO à travers Muharraq reliant maisons de marchands et de capitaines, rivage d'embarquement et bancs huîtriers — dans le seul pays où la perle de culture est interdite.

Dilmoun et le tell

Une butte formée par quatre mille ans d'occupation continue, portant à sa base la capitale de Dilmoun et à son sommet un fort portugais, plus des dizaines de milliers de tumulus.

Le souk et Bab Al Bahrain

Un marché couvert en activité — or, épices, oud, perles certifiées — derrière une porte des années 1940 qui donnait sur la mer et se retrouve aujourd'hui dans les terres.

Pierre de corail et tours à vent

Les maisons anciennes de Muharraq en pierre de récif, murs épais, cours ombragées, portes sculptées et barjeel qui rabattent le vent dans les pièces.

Machboos, halwa et karak

Riz épicé au citron noir séché, muhammar sucré à côté du hamour grillé, halwa au safran et à la cardamome des maisons anciennes, et thé bouilli servi à toute heure.

Le Grand Prix

La course de Formule 1 de Sakhir remplit le pays le temps d'un week-end au printemps : c'est la date la plus chargée du calendrier, à intégrer dans un sens ou dans l'autre.

Histoire

Les sources d'eau douce de Bahreïn, jaillissant jusque sous la mer, ont fait d'une île en eau salée un carrefour d'échanges il y a quatre mille ans : la civilisation de Dilmoun, à l'âge du bronze, y avait sa capitale, sur une butte côtière qui a accumulé les couches d'occupation avant d'être couronnée par un fort d'époque portugaise. De là jusqu'aux années 1930, les îles ont vécu de la perle, dont les bancs produisaient les plus belles perles naturelles du Golfe et dont les maisons de marchands et de capitaines, à Muharraq, forment aujourd'hui un itinéraire inscrit à l'UNESCO.

Culture

Le machboos — riz épicé à la viande ou au poisson, détendu au citron noir séché — est la pièce centrale des repas de famille, souvent accompagné du muhammar sucré. Le hamour et le safi viennent des bancs voisins, les samboosa arrivent le soir, et le halwa bahreïni, gelée dense au safran et à la cardamome piquée de fruits secs, est ce qu'il faut rapporter. Le karak se boit sans interruption. Festivals : Le Grand Prix de Bahreïn (printemps), Les soirées du ramadan et l'Aïd, Le festival Printemps de la culture. Musées : Le Musée national de Bahreïn, Le musée de site de Qal'at al-Bahrain, Le centre Cheikh Ebrahim et les maisons restaurées de Muharraq.

Infos pratiques

Sécurité : Capitale sûre et facile. Le vrai risque est la chaleur : l'été dépasse régulièrement quarante degrés avec une forte humidité, et l'activité extérieure entre le milieu de la matinée et le soir est franchement déconseillée de mai à septembre. Tenue couvrante au souk et sur les sites religieux, où les visiteurs sont accueillis et où de quoi se couvrir est fourni. Les établissements licenciés se trouvent dans les hôtels ; la tenue en public reste conservatrice. Langue : L'arabe est officiel, dans un dialecte du Golfe au quotidien. L'anglais est très largement pratiqué dans les affaires, l'hôtellerie et la signalétique, et l'on entend couramment hindi, ourdou, malayalam et tagalog compte tenu de la composition de la main-d'œuvre. Le français n'est pas d'usage. Monnaie : Dinar bahreïni, tenu à taux fixe face au dollar américain et parmi les devises les plus fortes du monde : les prix paraissent trompeusement bas, et il se divise en mille fils — lisez les décimales. Les cartes passent presque partout, le souk préférant les espèces.
Aperçu voyage

Ce lectorat détient l'autre extrémité de cette histoire sans toujours savoir où elle commence : avant que la perle de culture n'emporte le marché mondial, la haute joaillerie de la place Vendôme s'approvisionnait aux bancs du Golfe, et des acheteurs parisiens faisaient le voyage jusqu'ici pour choisir sur place. Les bancs en question entourent Bahreïn, et l'on peut aujourd'hui parcourir ce que cette industrie a laissé : un itinéraire inscrit à l'UNESCO traverse Muharraq, l'ancienne capitale de l'autre côté du chenal, reliant maisons de marchands et de capitaines, boutiques, un rivage d'embarquement et un fort au bord de l'eau, avec trois bancs huîtriers au large. Détail qui n'existe nulle part ailleurs : le royaume interdit purement et simplement la vente de perles de culture. Seule la perle naturelle s'y négocie, certifiée par le laboratoire national — ce qui fait qu'une perle achetée ici est bien la perle sauvage, ce qui n'est plus vrai sur presque aucun marché. Le reste de la profondeur du lieu est archéologique. Bahreïn est un archipel dont les sources d'eau douce, jaillissant jusque sous la mer, ont fait très tôt un carrefour d'échanges : sur la côte nord, un tell — colline entièrement formée par quatre mille ans d'occupation continue — porte à sa base la capitale de Dilmoun, civilisation de l'âge du bronze, et à son sommet un fort d'époque portugaise. La ville moderne, elle, fait ce que font les capitales du Golfe : tours sur terre-plein, corniche, centres commerciaux et circulation.

Découvrir Manama

Le site le plus remarquable de Bahreïn est une colline qui n'en est pas une. Qal'at al-Bahrain, sur la côte nord à courte distance du centre, est un tell — un monticule entièrement constitué par l'accumulation des débris d'une occupation humaine continue, couche après couche, sur environ quatre millénaires. À sa base gisent les vestiges de la capitale de Dilmoun, civilisation marchande de l'âge du bronze qui apparaît dans les textes mésopotamiens comme un pays d'eau douce et de prospérité, et qui s'enrichit en faisant transiter le cuivre d'Oman et les marchandises circulant entre Sumer et la vallée de l'Indus. Au-dessus se succèdent d'autres établissements, et l'ensemble est couronné par un fort de la période portugaise, qui a donné son nom au site. Inscrit à l'UNESCO, les fouilles y sont ouvertes et lisibles, et le petit musée de site explique remarquablement bien ce sur quoi l'on marche. Vers l'intérieur et l'ouest, les tumulus funéraires de Dilmoun — inscrits séparément — couvrent le désert de dizaines de milliers de tertres bas, par endroits si serrés que le sol paraît grêlé vu du ciel. Bahreïn compte parmi les lieux archéologiquement les plus importants du Golfe, et presque personne n'y vient pour cela.

Questions fréquemment posées

Parce que les bancs qui entourent les îles ont produit pendant des millénaires les plus belles perles naturelles du Golfe, et parce que le royaume interdit toujours la vente de perles de culture. Seule la perle naturelle s'y négocie, certifiée par le laboratoire national — ce qui n'est plus le cas sur presque aucun autre marché.

Un tell — une butte artificielle formée par quatre mille ans d'occupation continue — portant à sa base la capitale de la civilisation de Dilmoun, à l'âge du bronze, et à son sommet un fort d'époque portugaise. Le site est inscrit à l'UNESCO, les fouilles sont ouvertes et lisibles, et le musée de site les explique très bien.

De novembre à mars. L'été bahreïni court de mai à septembre au-delà de quarante degrés, avec une humidité forte venue de la mer, et la vie extérieure s'arrête pratiquement en journée. Les mois frais sont aussi ceux où le pays programme l'essentiel de ses événements.

Missions diplomatiques à Manama

3 missions dans cette ville, regroupées par région.