Manama, Bahreïn : la route des perles, le souk et quatre mille ans de Dilmoun
Guide de la ville avec infos clés, voyages, business et culture.
Aperçu
La route des perles
Dilmoun et le tell
Le souk et Bab Al Bahrain
Pierre de corail et tours à vent
Machboos, halwa et karak
Le Grand Prix
Histoire
Culture
Infos pratiques
Ce lectorat détient l'autre extrémité de cette histoire sans toujours savoir où elle commence : avant que la perle de culture n'emporte le marché mondial, la haute joaillerie de la place Vendôme s'approvisionnait aux bancs du Golfe, et des acheteurs parisiens faisaient le voyage jusqu'ici pour choisir sur place. Les bancs en question entourent Bahreïn, et l'on peut aujourd'hui parcourir ce que cette industrie a laissé : un itinéraire inscrit à l'UNESCO traverse Muharraq, l'ancienne capitale de l'autre côté du chenal, reliant maisons de marchands et de capitaines, boutiques, un rivage d'embarquement et un fort au bord de l'eau, avec trois bancs huîtriers au large. Détail qui n'existe nulle part ailleurs : le royaume interdit purement et simplement la vente de perles de culture. Seule la perle naturelle s'y négocie, certifiée par le laboratoire national — ce qui fait qu'une perle achetée ici est bien la perle sauvage, ce qui n'est plus vrai sur presque aucun marché. Le reste de la profondeur du lieu est archéologique. Bahreïn est un archipel dont les sources d'eau douce, jaillissant jusque sous la mer, ont fait très tôt un carrefour d'échanges : sur la côte nord, un tell — colline entièrement formée par quatre mille ans d'occupation continue — porte à sa base la capitale de Dilmoun, civilisation de l'âge du bronze, et à son sommet un fort d'époque portugaise. La ville moderne, elle, fait ce que font les capitales du Golfe : tours sur terre-plein, corniche, centres commerciaux et circulation.
Découvrir Manama
Le site le plus remarquable de Bahreïn est une colline qui n'en est pas une. Qal'at al-Bahrain, sur la côte nord à courte distance du centre, est un tell — un monticule entièrement constitué par l'accumulation des débris d'une occupation humaine continue, couche après couche, sur environ quatre millénaires. À sa base gisent les vestiges de la capitale de Dilmoun, civilisation marchande de l'âge du bronze qui apparaît dans les textes mésopotamiens comme un pays d'eau douce et de prospérité, et qui s'enrichit en faisant transiter le cuivre d'Oman et les marchandises circulant entre Sumer et la vallée de l'Indus. Au-dessus se succèdent d'autres établissements, et l'ensemble est couronné par un fort de la période portugaise, qui a donné son nom au site. Inscrit à l'UNESCO, les fouilles y sont ouvertes et lisibles, et le petit musée de site explique remarquablement bien ce sur quoi l'on marche. Vers l'intérieur et l'ouest, les tumulus funéraires de Dilmoun — inscrits séparément — couvrent le désert de dizaines de milliers de tertres bas, par endroits si serrés que le sol paraît grêlé vu du ciel. Bahreïn compte parmi les lieux archéologiquement les plus importants du Golfe, et presque personne n'y vient pour cela.
Parce que les bancs qui entourent les îles ont produit pendant des millénaires les plus belles perles naturelles du Golfe, et parce que le royaume interdit toujours la vente de perles de culture. Seule la perle naturelle s'y négocie, certifiée par le laboratoire national — ce qui n'est plus le cas sur presque aucun autre marché.
Un tell — une butte artificielle formée par quatre mille ans d'occupation continue — portant à sa base la capitale de la civilisation de Dilmoun, à l'âge du bronze, et à son sommet un fort d'époque portugaise. Le site est inscrit à l'UNESCO, les fouilles sont ouvertes et lisibles, et le musée de site les explique très bien.
De novembre à mars. L'été bahreïni court de mai à septembre au-delà de quarante degrés, avec une humidité forte venue de la mer, et la vie extérieure s'arrête pratiquement en journée. Les mois frais sont aussi ceux où le pays programme l'essentiel de ses événements.
3 missions dans cette ville, regroupées par région.