Siem Reap, Cambodge : la porte d'Angkor, le Tonlé Sap et la table khmère
Guide de la ville avec infos clés, voyages, business et culture.
Aperçu
Angkor Vat
Le Bayon et Ta Prohm
Le Tonlé Sap
La cuisine khmère
Culture
Infos pratiques
Angkor se visite en français plus qu'on ne l'imagine : l'École française d'Extrême-Orient travaille sur ces temples depuis plus d'un siècle et y est toujours présente, et la technique qu'on lui associe — l'anastylose, relever un monument avec ses propres pierres tombées, sans rien ajouter d'étranger — explique l'aspect de ce que vous verrez. Siem Reap est la base de tout cela, et presque tout dans la ville découle de cette fonction. Angkor n'est pas un monument mais un paysage : des centaines de temples répartis sur des centaines de kilomètres carrés de forêt, de rizières et de bassins, édifiés sur environ quatre siècles par un empire khmer qui a maîtrisé l'eau à une échelle sans équivalent dans la région. Angkor Vat est le plus vaste monument religieux du monde, montagne de grès symétrique derrière ses douves, que l'on franchit par une chaussée, et dont les galeries déroulent des bas-reliefs sur des centaines de mètres. Tout près, le Bayon d'Angkor Thom dresse des dizaines de tours portant chacune d'immenses visages sereins, et à Ta Prohm la forêt a été délibérément laissée en place, fromagers et figuiers étrangleurs coulant sur la maçonnerie. Deux à trois journées de temples : une seule relève de la course, cinq d'affilée font plus de grès que quiconque absorbe. Entre-temps, la ville est agréable — une trame le long de la rivière, un vieux marché, des marchés de nuit. Venez entre novembre et mars.
Découvrir Siem Reap
Un mot à connaître avant d'entrer : l'anastylose. Le principe consiste à démonter une structure effondrée, à répertorier chaque bloc, puis à la remonter avec ses propres pierres et elles seules, en ne comblant que ce qui est strictement nécessaire à la stabilité et en le rendant discernable. Rien n'est inventé, rien n'est sculpté à neuf. C'est la méthode que l'École française d'Extrême-Orient a appliquée ici pendant des décennies et qu'elle continue d'accompagner, et Banteay Srei en est la démonstration la plus parlante — un petit temple d'une cohérence remarquable, dont les linteaux et les frontons sont à leur place parce qu'on les y a replacés. Regardez les joints : ce que vous prenez pour une ruine intacte est souvent un remontage, et savoir cela change le regard sur tout le site.
Deux à trois journées de temples constituent la bonne fourchette. Une seule journée impose une course entre Angkor Vat, le Bayon et Ta Prohm sans le temps de s'asseoir nulle part, ce qui est un mauvais usage d'un long voyage. Trois permettent le petit circuit, le grand circuit et Banteay Srei, plus éloigné, à un rythme humain, avec un après-midi de repos à l'heure chaude. Au-delà de quatre ou cinq jours, la plupart des visiteurs voient les temples se confondre, sauf intérêt particulier. Intercaler du repos — le lac, la ville, une piscine — améliore davantage l'expérience des temples que d'en ajouter un de plus.
Une fois, oui, en sachant à quoi s'attendre. Angkor Vat est orienté à l'ouest : le soleil se lève derrière le temple et éclaire les tours qui se reflètent dans le bassin nord, ce qui est réellement beau et se partage avec quelques milliers d'autres personnes massées sur la même petite portion de berge. Arrivez assez tôt pour avoir une place, acceptez la foule comme faisant partie du moment, et ne prévoyez rien d'exigeant pour le reste de la matinée. Beaucoup trouvent la fin d'après-midi préférable au temple même : moins de monde, lumière plus douce sur les bas-reliefs, et pas de réveil nocturne.
C'est la méthode qui explique l'aspect de ce que vous allez voir. Elle consiste à démonter une structure effondrée, à répertorier chaque bloc, puis à la remonter avec ses propres pierres et rien d'autre, en ne comblant que le strictement nécessaire à la stabilité et de façon discernable : on n'invente rien, on ne sculpte rien à neuf. L'École française d'Extrême-Orient l'a appliquée à Angkor pendant des décennies et accompagne toujours les travaux du site. Banteay Srei en est la démonstration la plus lisible. Une fois qu'on le sait, on regarde les joints et les reprises, et une grande partie de ce qui passait pour une ruine intacte se révèle un remontage patient.