Alexandrie, Égypte : la Méditerranée, la bibliothèque et la corniche
Guide de la ville avec infos clés, voyages, business et culture.
Aperçu
La bibliothèque
Fort et sites antiques
Poissons de Méditerranée
Corniche et air marin
Culture
Infos pratiques
Alexandrie appartient à notre mer. C'est la clé du lieu pour un voyageur venu de France, de Belgique ou de Suisse : on n'y débarque pas dans l'Égypte des sables mais dans un port méditerranéen, le même bassin que Marseille ou Naples, la même lumière, le même poisson grillé, et un hiver qui pleut pour de bon. La ville se déroule sur des kilomètres le long d'une corniche incurvée au-dessus du port oriental, et c'est précisément ce décalage qui la rend surprenante : de l'Égypte, sans le désert. Fondée au IVe siècle avant notre ère et portant le nom de son fondateur, Alexandrie fut la grande capitale intellectuelle de l'Antiquité, et les deux choses pour lesquelles elle est restée célèbre sont justement celles que l'on ne peut pas voir : le phare et la bibliothèque ont disparu l'un comme l'autre. Ce qui les remplace fait tout l'intérêt. Sur les fondations du phare se dresse le fort de Qaitbay, du XVe siècle, bâti en partie de ses pierres tombées. Au bord de l'eau, la Bibliotheca Alexandrina, ouverte en 2002, dresse un immense disque de granit incliné vers la mer, gravé de caractères empruntés aux écritures du monde entier, au-dessus d'une salle de lecture étagée sur onze niveaux. Entre les deux, la ville est stratifiée et sans apprêt : catacombes romaines creusées sur trois étages, petit théâtre de marbre, mosquées et églises à quelques rues les unes des autres, et de vieux tramways qui ferraillent encore vers l'est.
Découvrir Alexandria
L'Égypte est une destination majeure pour cette famille de lecteurs, mais presque toujours sous deux formes : la croisière sur le Nil, de Louxor à Assouan, ou la mer Rouge et ses hôtels de plongée. Alexandrie, elle, se fait sauter — trop au nord du circuit, pas assez pharaonique. C'est une erreur d'itinéraire facile à corriger : la ville est à quelques heures de train du Caire, elle offre exactement ce que les deux autres formules n'ont pas — une vraie ville où l'on marche, un climat tempéré, une cuisine de port — et deux jours suffisent à l'apprécier. Ajoutée en début ou en fin de voyage, elle change l'équilibre d'un séjour égyptien : on en revient avec une ville en plus, pas seulement des monuments.
Oui, et c'est précisément la ville que les itinéraires français oublient. Les deux formules dominantes — la croisière sur le Nil et la mer Rouge — offrent des monuments et des fonds sous-marins, mais aucune ville où l'on marche. Alexandrie apporte cela : une corniche, un climat méditerranéen tempéré, une cuisine de port, et une bibliothèque moderne qui compte parmi les plus beaux intérieurs bâtis depuis le début du siècle. Ce n'est pas une destination pharaonique — le phare et la bibliothèque antique ont tous deux disparu. Venez pour l'atmosphère, la mer et la table, les sites romains venant en supplément.
Deux jours suffisent confortablement : une journée pour la bibliothèque, le fort de Qaitbay et une longue marche sur la corniche, une seconde pour les catacombes, le théâtre romain, la colonne de Pompée et l'appartement de Cavafy — avec un vrai déjeuner de poisson dans chacune. L'aller-retour dans la journée depuis Le Caire se pratique beaucoup, mais le train aux deux bouts écrase l'après-midi et vous fait manquer le soir, qui est le meilleur moment de la ville. Dormir une nuit sur place change réellement la nature du séjour.
Le printemps et l'automne, sans grande concurrence. Alexandrie a un climat méditerranéen et non désertique : l'hiver y est doux mais gris et franchement pluvieux — une corniche sous l'averse perd beaucoup — tandis que l'été est chaud et saturé de vacanciers égyptiens, ce qui fait monter les hébergements et remplit toutes les plages. Avril, mai, septembre et octobre offrent l'air marin tiède, des températures praticables pour marcher d'un site à l'autre, et une ville qui appartient à ses habitants plutôt qu'à la saison touristique intérieure.