Visiter Assouan, Égypte : visa, l'île Éléphantine et la première cataracte

Guide de la ville avec infos clés, voyages, business et culture.

Aperçu

Assouan est la ville où le Nil cesse d'être une autoroute : le granit y brise le fleuve en bras et en îles, et pendant l'essentiel de l'histoire égyptienne, c'est ici que la carte connue s'arrêtait.

Archéologie insulaire

Les fouilles d'Abou sur Éléphantine, le sanctuaire de Khnoum, une pyramide à degrés de l'Ancien Empire et le nilomètre dont la mesure fixait l'impôt de toute l'Égypte.

Héritage nubien

Le musée de la Nubie, ses collections issues de la campagne de l'UNESCO et sa salle consacrée à la culture vivante, les villages peints d'Éléphantine, la langue et la table nubiennes.

Monuments du désert

Le monastère fortifié Saint-Siméon isolé dans le sable, le mausolée de l'Aga Khan sur la crête et les tombeaux rupestres des Nobles au-dessus de la rive ouest.

Le fleuve à la cataracte

Le granit qui brise le Nil en bras et en îles, les bacs publics comme transport quotidien, et la portion de fleuve la plus large et la plus belle de toute l'Égypte.

Jardins et ombre

L'île Kitchener plantée d'un bout à l'autre en jardin botanique — essences tropicales, arbres anciens, oiseaux, aucune circulation : le sol le plus frais de la ville.

Souk et cuisine nubienne

Hibiscus, épices, dattes et vannerie dans la rue du souk, tajines en poterie et poissons du fleuve — un marché plus petit et plus calme que ceux du nord du pays.

Histoire

La cataracte de granit marquait la limite pratique de la navigation, donc la frontière de l'Égypte pharaonique : la ville de Syène y contrôlait le commerce nubien, gardait la frontière et exploitait les carrières de pierre rose expédiée vers l'aval pour les obélisques et les colosses. Le nilomètre d'Éléphantine mesurait la crue avant tout autre, et sa lecture fixait l'assiette de l'impôt pour le pays entier. Dans les années 1960, la retenue du haut barrage a recouvert une grande partie de la Nubie en amont, d'où la campagne internationale qui a déplacé les temples et donné à la ville son musée.

Culture

Le karkadé, infusion d'hibiscus servie chaude ou glacée, est la signature locale. La cuisine nubienne se distingue de celle du nord : tajines mijotés en poterie, poissons d'eau douce du fleuve, à côté des incontournables foul et taameya du petit-déjeuner. Musées : Le musée de la Nubie — archéologie de la campagne de l'UNESCO et culture nubienne vivante, Le musée de l'île Éléphantine, qui conserve le mobilier des fouilles d'Abou.

Infos pratiques

Sécurité : Ville paisible à l'échelle égyptienne. Le vrai risque est la chaleur : Assouan compte parmi les lieux habités les plus secs de la planète et l'été y est sévère — emportez de l'eau et gardez le milieu de journée libre. Sur Éléphantine, on traverse des villages habités : tenue couvrante, et l'on demande avant de photographier maisons ou personnes. Langue : Arabe, avec les langues nubiennes largement parlées sur l'autre rive et dans les îles. L'anglais est courant dans le tourisme, le français beaucoup moins. Monnaie : Livre égyptienne. Bacs, souk et achats de village se règlent en espèces ; les cartes fonctionnent dans les hôtels et les grands restaurants.
Aperçu voyage

Assouan doit son existence à un seuil de granit qui traverse le lit du Nil et le disloque en bras, en blocs et en îles : la première cataracte. Un fleuve navigable sur des centaines de kilomètres devient soudain infranchissable, les marchandises venues du sud doivent être débarquées et portées, et la ville qui gère ce transbordement devient poste-frontière, bureau de douane et carrière. Les Grecs l'appelaient Syène, et c'est à ce nom qu'est attachée l'une des plus belles expériences de l'Antiquité : au solstice d'été, le soleil s'y tenait à la verticale et un puits ne portait aucune ombre, tandis qu'à Alexandrie un gnomon en projetait une — de cet écart, Ératosthène a tiré la circonférence de la Terre. La géographie qui rendait ce calcul possible est encore ce qui fait la ville. Le fleuve est ici large, semé d'îles habitées et non décoratives ; la rive est bordée d'une longue corniche ; la rive ouest, elle, s'interrompt net, le sable montant droit de l'eau vers une crête rocheuse. On se déplace donc en bateau pour aller à peu près partout, sur des bacs publics que les habitants prennent pour aller travailler. Éléphantine réunit sur quelques hectares les ruines de la cité antique et deux villages nubiens bien vivants ; la rive ouest garde un monastère fortifié perdu dans le désert ; le musée de la Nubie, en ville, raconte la culture dont le pays d'origine repose aujourd'hui sous la retenue d'eau, en amont. La plupart des voyageurs accordent deux jours à Assouan, en fin de croisière ; la ville en mérite trois, précisément parce que ses plaisirs ne se pressent pas.

Découvrir Aswan

En amont d'Assouan, une barre de granit dur traverse le cours du Nil. Le fleuve, plat et navigable en aval comme en amont, s'y disloque en chenaux, en champs de blocs et en îlots : avant les barrages, c'était le premier obstacle réel pour qui remontait vers le sud. Une ville s'est donc installée à côté de l'obstacle, parce qu'il fallait bien décharger, contourner et recharger — et qui tenait ce point tenait le commerce qui descendait de Nubie. Les Égyptiens nommaient ce comptoir Souhaneh, les Grecs Syène, et l'un comme l'autre y voyaient la limite de l'Égypte ordonnée, le dernier lieu tenu avant le sud. Le granit a fourni la seconde industrie de la ville : les carrières situées derrière l'agglomération ont livré la pierre rose et dure des obélisques, des sarcophages et des colosses expédiés dans tout le pays, et l'un de ces obélisques se dresse aujourd'hui place de la Concorde. Deux conséquences se voient encore. Le fleuve est ici plus large et plus beau qu'à Louxor, et la pierre est partout : dans les blocs au milieu de l'eau, dans la crête d'en face, sous les pas.

Questions fréquemment posées

Deux jours suffisent pour Éléphantine, le musée de la Nubie et une demi-journée sur la rive ouest. Le troisième jour se justifie si l'on veut l'île-jardin et un après-midi sans programme au bord de l'eau — c'est en général ce dont on se souvient.

Elle est nette. Louxor est une concentration de temples et de tombes pharaoniques ; Assouan est une ville de fleuve installée sur une cataracte de granit, de forte identité nubienne, avec beaucoup moins de monuments en ville et un rythme sensiblement plus lent. Les voyageurs la trouvent souvent la plus reposante des deux.

En bateau, et le plus souvent par les bacs publics plutôt qu'en location privée. Ils relient la corniche à Éléphantine et à la rive ouest tout au long de la journée, à un tarif local : c'est à la fois le moyen le plus économique et le plus simple.