Aperçu
Archéologie insulaire
Héritage nubien
Monuments du désert
Le fleuve à la cataracte
Jardins et ombre
Souk et cuisine nubienne
Histoire
Culture
Infos pratiques
Assouan doit son existence à un seuil de granit qui traverse le lit du Nil et le disloque en bras, en blocs et en îles : la première cataracte. Un fleuve navigable sur des centaines de kilomètres devient soudain infranchissable, les marchandises venues du sud doivent être débarquées et portées, et la ville qui gère ce transbordement devient poste-frontière, bureau de douane et carrière. Les Grecs l'appelaient Syène, et c'est à ce nom qu'est attachée l'une des plus belles expériences de l'Antiquité : au solstice d'été, le soleil s'y tenait à la verticale et un puits ne portait aucune ombre, tandis qu'à Alexandrie un gnomon en projetait une — de cet écart, Ératosthène a tiré la circonférence de la Terre. La géographie qui rendait ce calcul possible est encore ce qui fait la ville. Le fleuve est ici large, semé d'îles habitées et non décoratives ; la rive est bordée d'une longue corniche ; la rive ouest, elle, s'interrompt net, le sable montant droit de l'eau vers une crête rocheuse. On se déplace donc en bateau pour aller à peu près partout, sur des bacs publics que les habitants prennent pour aller travailler. Éléphantine réunit sur quelques hectares les ruines de la cité antique et deux villages nubiens bien vivants ; la rive ouest garde un monastère fortifié perdu dans le désert ; le musée de la Nubie, en ville, raconte la culture dont le pays d'origine repose aujourd'hui sous la retenue d'eau, en amont. La plupart des voyageurs accordent deux jours à Assouan, en fin de croisière ; la ville en mérite trois, précisément parce que ses plaisirs ne se pressent pas.
Découvrir Aswan
En amont d'Assouan, une barre de granit dur traverse le cours du Nil. Le fleuve, plat et navigable en aval comme en amont, s'y disloque en chenaux, en champs de blocs et en îlots : avant les barrages, c'était le premier obstacle réel pour qui remontait vers le sud. Une ville s'est donc installée à côté de l'obstacle, parce qu'il fallait bien décharger, contourner et recharger — et qui tenait ce point tenait le commerce qui descendait de Nubie. Les Égyptiens nommaient ce comptoir Souhaneh, les Grecs Syène, et l'un comme l'autre y voyaient la limite de l'Égypte ordonnée, le dernier lieu tenu avant le sud. Le granit a fourni la seconde industrie de la ville : les carrières situées derrière l'agglomération ont livré la pierre rose et dure des obélisques, des sarcophages et des colosses expédiés dans tout le pays, et l'un de ces obélisques se dresse aujourd'hui place de la Concorde. Deux conséquences se voient encore. Le fleuve est ici plus large et plus beau qu'à Louxor, et la pierre est partout : dans les blocs au milieu de l'eau, dans la crête d'en face, sous les pas.
Deux jours suffisent pour Éléphantine, le musée de la Nubie et une demi-journée sur la rive ouest. Le troisième jour se justifie si l'on veut l'île-jardin et un après-midi sans programme au bord de l'eau — c'est en général ce dont on se souvient.
Elle est nette. Louxor est une concentration de temples et de tombes pharaoniques ; Assouan est une ville de fleuve installée sur une cataracte de granit, de forte identité nubienne, avec beaucoup moins de monuments en ville et un rythme sensiblement plus lent. Les voyageurs la trouvent souvent la plus reposante des deux.
En bateau, et le plus souvent par les bacs publics plutôt qu'en location privée. Ils relient la corniche à Éléphantine et à la rive ouest tout au long de la journée, à un tarif local : c'est à la fois le moyen le plus économique et le plus simple.