Chefchaouen, Maroc : la médina bleue, le Rif et la source de la montagne
Guide de la ville avec infos clés, voyages, business et culture.
Aperçu
La médina bleue
Kasbah et place Outa el-Hammam
La source Ras el-Maa
Marches dans le Rif
Points de vue
Laine, tissage et fromage de chèvre
Histoire
Culture
Infos pratiques
Première chose utile pour un voyageur francophone : dans le Rif, le français ne va plus de soi. Le nord du Maroc a vécu sous administration espagnole et non française, et cela s'entend encore — les commerçants de Chefchaouen passent volontiers à l'espagnol, les enseignes en portent la trace, et le français, s'il reste compris dans les hébergements, n'est plus la deuxième langue réflexe qu'il est à Casablanca ou à Fès. Cela dit, la ville s'installe à environ 600 mètres d'altitude, pliée dans une vallée sous deux sommets qui lui donnent son nom : chaouen, les cornes. Tout ce qu'on vient y chercher découle de cette position. L'altitude rend le climat nettement plus frais que le reste du pays, la montagne verte plutôt qu'ocre, et les nuits franchement froides en hiver ; le relief fait que la médina est bâtie en pente, donc qu'une journée sur place se compte en montées ; et la source qui jaillit du rocher en haut de la ville explique qu'un village se soit fixé exactement là. Fondée en 1471 comme place fortifiée, la ville a ensuite accueilli des familles andalouses venues de la péninsule, dont l'habitude de bâtir se lit encore dans les toits de tuiles, les arcs en plein cintre et la chaux sous le bleu. Le bleu, justement, attire aujourd'hui les foules : murs, marches, jarres et encadrements lavés dans une douzaine de nuances, repeints assez souvent pour rester vifs. Le résultat photographie si bien que Chefchaouen est devenue une excursion classique depuis Tanger et Fès — les ruelles se remplissent de la fin de matinée au milieu de l'après-midi, et se vident de part et d'autre. Dormez sur place si vous le pouvez.
Découvrir Chefchaouen
La réponse honnête est que personne n'en est certain, et que la version assurée qu'on vous servira dans la médina n'est qu'une hypothèse parmi d'autres. La plus répandue attribue l'introduction du bleu aux habitants juifs installés ici dans les années 1930, pour sa valeur religieuse ; une autre y voit un usage bien plus ancien ; une troisième, très prisée des guides, affirme que le pigment éloigne les moustiques, ce qu'aucune donnée sérieuse n'appuie. Ce qui est établi, c'est que la pratique s'est généralisée assez récemment et qu'elle est aujourd'hui entretenue de façon délibérée et collective : les habitants repeignent, la municipalité encourage, et la couleur est devenue l'économie de la ville autant que son décor. Le dire ne revient pas à démolir quoi que ce soit — les badigeons sont une pratique locale réelle, pas un décor de cinéma, et la variété des nuances vient de ce que chaque foyer fait son mélange. Conséquences pratiques : la lumière est meilleure le matin, quand le soleil descend dans les ruelles ; les concentrations de bleu les plus fortes sont sur les pentes hautes, au-dessus de la place ; et les portes que l'on photographie sont celles de maisons habitées.
Aucune explication ne fait consensus. La plus courante attribue l'usage aux habitants juifs arrivés dans les années 1930 ; d'autres y voient une tradition plus ancienne, et l'idée très répandue selon laquelle la couleur éloignerait les moustiques ne repose sur rien de sérieux. Ce qui est sûr, c'est que la pratique s'est généralisée assez récemment et qu'elle est entretenue aujourd'hui par les habitants comme par la municipalité.
Une excursion à la journée vous montre la médina à son heure la plus chargée et vous fait manquer les deux meilleurs moments : le petit matin avant les autocars, et le coucher du soleil depuis la colline d'en face. Deux nuits sont un minimum raisonnable, trois si vous voulez marcher dans le Rif.
Par la route uniquement : il n'y a pas de train. Comptez deux à trois heures d'autocar depuis Tanger ou Tétouan, environ quatre depuis Fès, avec des départs fréquents. La gare routière se trouve en contrebas de la médina et la montée est raide — petit taxi si vous avez des bagages.