Chefchaouen, Maroc : la médina bleue, le Rif et la source de la montagne

Guide de la ville avec infos clés, voyages, business et culture.

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Aperçu

Chefchaouen est une ville de montagne peinte en bleu du seuil des portes jusqu'aux toits — mais ce qui l'a fixée ici n'est pas la couleur : c'est la source qui sort du rocher au-dessus d'elle.

La médina bleue

Murs, marches, jarres et encadrements lavés dans une douzaine de nuances, repeints par les foyers eux-mêmes — assez petite pour se traverser en un quart d'heure, et meilleure au matin.

Kasbah et place Outa el-Hammam

La forteresse close, ses jardins et son musée, le minaret octogonal de la grande mosquée — rareté marocaine — et la place ombragée qui fait le centre de la vie locale.

La source Ras el-Maa

L'eau qui sort du flanc de la montagne au-dessus de la médina et dévale les rochers jusqu'à des bassins de lavage toujours en service — la raison d'être du site.

Marches dans le Rif

La gorge et les cascades d'Akchour, l'arche naturelle du Pont de Dieu, les crêtes de sapins et de cèdres du parc de Talassemtane — les plus belles randonnées du nord.

Points de vue

La mosquée des années 1920 sur la colline d'en face au coucher du soleil, le sentier au-dessus de la source, et la médina elle-même dans l'heure vide qui suit l'aube.

Laine, tissage et fromage de chèvre

Couvertures et djellabas tissées dans les villages alentour, et le fromage de chèvre local — une vraie curiosité au Maroc — vendus sans la pression des villes impériales.

Histoire

Fondée en 1471 comme place fortifiée du Rif, au-dessus d'une source de montagne fiable, la ville a ensuite accueilli des familles andalouses venues de la péninsule Ibérique, dont les traditions constructives expliquent ses toits de tuiles en pente, ses arcs en plein cintre et le minaret octogonal de sa grande mosquée — autant de traits qui la distinguent de l'architecture en terrasse du sud marocain. Le badigeon bleu qui a fait sa notoriété s'est répandu bien plus récemment, et son origine reste discutée.

Culture

Chefchaouen produit un fromage de chèvre, chose rare au Maroc, que l'on retrouve au petit-déjeuner comme en salade dans toute la ville. Pour le reste, c'est une cuisine de montagne : tajines aux légumes du pays, bissara — soupe de fèves — le matin, et pain cuit au four collectif. Musées : Le musée de la kasbah, dans la forteresse de la place.

Infos pratiques

Sécurité : Ville calme et facile, dont les risques sont surtout physiques : ruelles pavées en forte pente, et rochers mouillés autour de la source et des cascades, bien plus glissants qu'ils n'en ont l'air. Le cannabis est largement cultivé dans le Rif et l'on est parfois sollicité dans la rue ; c'est illégal au Maroc, et il suffit de décliner et de poursuivre son chemin. Les nuits sont froides en altitude une grande partie de l'année. Langue : Arabe et amazighe. Particularité du nord : l'espagnol y est très répandu, héritage de l'administration espagnole, davantage que le français — lequel reste toutefois compris dans les hébergements et les commerces touristiques. Monnaie : Dirham marocain, et la ville fonctionne largement en espèces : riads et grands restaurants prennent la carte, les boutiques de la médina, les cafés et les taxis non.
Aperçu voyage

Première chose utile pour un voyageur francophone : dans le Rif, le français ne va plus de soi. Le nord du Maroc a vécu sous administration espagnole et non française, et cela s'entend encore — les commerçants de Chefchaouen passent volontiers à l'espagnol, les enseignes en portent la trace, et le français, s'il reste compris dans les hébergements, n'est plus la deuxième langue réflexe qu'il est à Casablanca ou à Fès. Cela dit, la ville s'installe à environ 600 mètres d'altitude, pliée dans une vallée sous deux sommets qui lui donnent son nom : chaouen, les cornes. Tout ce qu'on vient y chercher découle de cette position. L'altitude rend le climat nettement plus frais que le reste du pays, la montagne verte plutôt qu'ocre, et les nuits franchement froides en hiver ; le relief fait que la médina est bâtie en pente, donc qu'une journée sur place se compte en montées ; et la source qui jaillit du rocher en haut de la ville explique qu'un village se soit fixé exactement là. Fondée en 1471 comme place fortifiée, la ville a ensuite accueilli des familles andalouses venues de la péninsule, dont l'habitude de bâtir se lit encore dans les toits de tuiles, les arcs en plein cintre et la chaux sous le bleu. Le bleu, justement, attire aujourd'hui les foules : murs, marches, jarres et encadrements lavés dans une douzaine de nuances, repeints assez souvent pour rester vifs. Le résultat photographie si bien que Chefchaouen est devenue une excursion classique depuis Tanger et Fès — les ruelles se remplissent de la fin de matinée au milieu de l'après-midi, et se vident de part et d'autre. Dormez sur place si vous le pouvez.

Découvrir Chefchaouen

La réponse honnête est que personne n'en est certain, et que la version assurée qu'on vous servira dans la médina n'est qu'une hypothèse parmi d'autres. La plus répandue attribue l'introduction du bleu aux habitants juifs installés ici dans les années 1930, pour sa valeur religieuse ; une autre y voit un usage bien plus ancien ; une troisième, très prisée des guides, affirme que le pigment éloigne les moustiques, ce qu'aucune donnée sérieuse n'appuie. Ce qui est établi, c'est que la pratique s'est généralisée assez récemment et qu'elle est aujourd'hui entretenue de façon délibérée et collective : les habitants repeignent, la municipalité encourage, et la couleur est devenue l'économie de la ville autant que son décor. Le dire ne revient pas à démolir quoi que ce soit — les badigeons sont une pratique locale réelle, pas un décor de cinéma, et la variété des nuances vient de ce que chaque foyer fait son mélange. Conséquences pratiques : la lumière est meilleure le matin, quand le soleil descend dans les ruelles ; les concentrations de bleu les plus fortes sont sur les pentes hautes, au-dessus de la place ; et les portes que l'on photographie sont celles de maisons habitées.

Questions fréquemment posées

Aucune explication ne fait consensus. La plus courante attribue l'usage aux habitants juifs arrivés dans les années 1930 ; d'autres y voient une tradition plus ancienne, et l'idée très répandue selon laquelle la couleur éloignerait les moustiques ne repose sur rien de sérieux. Ce qui est sûr, c'est que la pratique s'est généralisée assez récemment et qu'elle est entretenue aujourd'hui par les habitants comme par la municipalité.

Une excursion à la journée vous montre la médina à son heure la plus chargée et vous fait manquer les deux meilleurs moments : le petit matin avant les autocars, et le coucher du soleil depuis la colline d'en face. Deux nuits sont un minimum raisonnable, trois si vous voulez marcher dans le Rif.

Par la route uniquement : il n'y a pas de train. Comptez deux à trois heures d'autocar depuis Tanger ou Tétouan, environ quatre depuis Fès, avec des départs fréquents. La gare routière se trouve en contrebas de la médina et la montée est raide — petit taxi si vous avez des bagages.