Essaouira, Maroc : la médina tracée au cordeau, les remparts et les alizés
Guide de la ville avec infos clés, voyages, business et culture.
Aperçu
Remparts sur la mer et médina en damier
Planche à voile et kitesurf
Port de pêche et grillades
Marqueterie de thuya et argan
Gnaoua et scène artistique
Les îles et la plage
Histoire
Culture
Infos pratiques
Essaouira — Mogador, sous le nom que l'histoire francophone lui a longtemps donné — est l'exception parmi les villes anciennes du Maroc : elle n'a pas poussé par accumulation, elle a été dessinée. Dans les années 1760, le sultan Sidi Mohammed ben Abdallah décide d'établir sur l'Atlantique un port fortifié capable de capter le commerce, et il en confie le tracé à Théodore Cornut, ingénieur originaire d'Avignon formé aux principes de fortification de Vauban. Le résultat se lit immédiatement sur le terrain : des rues droites qui se coupent à angle droit, un axe principal reliant la porte de terre à la mer, et un système de remparts et de bastions conçu d'un seul tenant plutôt que rapiécé au fil des siècles. Le second fait déterminant est le vent. Les alizés descendent cette côte presque toute l'année, réguliers et soutenus : ils ont fait la valeur du mouillage à l'époque de la voile, et ils font aujourd'hui de la baie l'un des plans d'eau les plus réputés d'Afrique pour la planche et le kitesurf. Ils expliquent aussi que la longue plage se marche, se monte à cheval et se navigue plutôt qu'elle ne se bronze, et qu'Essaouira reste fraîche quand l'intérieur du pays devient accablant — raison pour laquelle Marrakech se vide vers la côte en août. Reste un port de pêche en activité, des remparts battus par la houle, une marqueterie de thuya sans équivalent dans le pays et une douceur de vivre reconnue. Deux jours suffisent à en faire le tour ; beaucoup en restent cinq.
Découvrir Essaouira
Presque toutes les médinas marocaines sont le produit de siècles d'ajouts, d'où leur caractère de labyrinthe. Essaouira échappe à la règle parce qu'elle a été commandée comme un projet unique : vers 1760, Sidi Mohammed ben Abdallah veut un port atlantique défendable et sous son contrôle, et il en remet le plan à Théodore Cornut, ingénieur avignonnais nourri de l'école de Vauban. Le vocabulaire est donc immédiatement familier — courtines continues, bastions d'angle, plateforme d'artillerie face au large — appliqué ici à une ville neuve plutôt qu'à une place forte européenne. Pour le visiteur, cela change tout : on peut flâner sans itinéraire et savoir malgré tout où l'on se trouve, ce qui supprime l'inquiétude sourde d'une première journée à Fès. Les murs restent la meilleure introduction. La Skala de la Ville, longue terrasse d'artillerie côté océan, aligne ses canons de bronze au-dessus des rouleaux qui viennent frapper la roche : y monter en fin d'après-midi est, si l'on ne devait faire qu'une chose, la chose à faire.
Cela dépend de ce que l'on attend d'une plage. Le sable est immense et remarquable pour la marche, l'équitation et surtout la glisse, mais l'Atlantique y est froid et le vent souffle presque tous les jours : mauvais choix pour le bronzage, excellent pour être dehors et actif.
Oui, à deux heures et demie ou trois heures de route dans chaque sens, et beaucoup le font. On verra les remparts et le port, et l'on manquera ce que la ville réussit le mieux : la fin de journée et sa lenteur. Une nuit sur place change entièrement le séjour.
Parce qu'elle a été dessinée et non accumulée. La ville a été bâtie comme un projet unique dans les années 1760 sur une trame de rues se coupant à angle droit, sans l'enchevêtrement des médinas formées au fil des siècles.