Essaouira, Maroc : la médina tracée au cordeau, les remparts et les alizés

Guide de la ville avec infos clés, voyages, business et culture.

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Aperçu

Essaouira est la seule médina marocaine où l'on ne se perd pas : elle a été tracée au cordeau dans les années 1760, et le vent qui vide sa plage est celui qui a fait d'elle un port.

Remparts sur la mer et médina en damier

La Skala de la Ville et ses canons de bronze au-dessus de la houle, les courtines du XVIIIe siècle d'un seul tenant, et la seule médina marocaine où l'on s'oriente sans effort.

Planche à voile et kitesurf

Des alizés réguliers, une baie longue et peu profonde, et un ensemble d'écoles dans l'angle abrité du sud — l'un des plans d'eau les plus réputés d'Afrique.

Port de pêche et grillades

La flottille bleu cobalt qui rentre l'après-midi, la criée, les goélands, et la rangée de grils en plein air où l'on choisit son poisson sur la glace.

Marqueterie de thuya et argan

La loupe de thuya incrustée de citronnier et de nacre dans les ateliers sous les remparts, et l'huile d'argan alimentaire ou cosmétique des coopératives de l'arrière-pays.

Gnaoua et scène artistique

Guembri et qraqeb toute l'année, le festival du début d'été sur les places et les remparts, et une scène de peintres et de galeries installée de longue date.

Les îles et la plage

Les îles Purpuraires — la pourpre antique, aujourd'hui réserve à faucons d'Éléonore — la plage immense et les chevaux qui travaillent le sable vers le sud.

Histoire

Mouillage secondaire d'une côte que les marchands phéniciens puis romains fréquentaient pour la pourpre de murex, le site est rebâti de zéro dans les années 1760 lorsque le sultan Sidi Mohammed ben Abdallah commande un port fortifié sur plan régulier, dessiné par l'ingénieur avignonnais Théodore Cornut. Remparts, bastions et trame en damier en font l'exemple le plus net d'urbanisme planifié du XVIIIe siècle au Maroc.

Culture

Sardines et pêche du jour grillées sur le port, tagines de poisson, et amlou — huile d'argan, amandes et miel — au petit-déjeuner. La côte mange du poisson là où l'intérieur mange de l'agneau. Festivals : Festival Gnaoua et musiques du monde (début d'été), Printemps musical des Alizés (musique de chambre). Musées : Musée Sidi Mohammed ben Abdallah — artisanat et instruments de la région, Ateliers de marqueterie de thuya sous les remparts.

Infos pratiques

Sécurité : Petite ville tranquille, dont la médina se parcourt sans se perdre — c'est le principe même de son plan. L'Atlantique est froid et porte un ressac réel : ce n'est pas une mer de baignade insouciante, et le vent est assez fort pour emporter ce qu'on laisse sur le sable. Langue : Arabe et amazighe, français très largement pratiqué dans les commerces et les hébergements, anglais courant dans les métiers de la glisse et des galeries. Monnaie : Dirham marocain. Les cartes passent dans les restaurants et les riads établis ; les échoppes du port, les souks et les coopératives fonctionnent en espèces.
Aperçu voyage

Essaouira — Mogador, sous le nom que l'histoire francophone lui a longtemps donné — est l'exception parmi les villes anciennes du Maroc : elle n'a pas poussé par accumulation, elle a été dessinée. Dans les années 1760, le sultan Sidi Mohammed ben Abdallah décide d'établir sur l'Atlantique un port fortifié capable de capter le commerce, et il en confie le tracé à Théodore Cornut, ingénieur originaire d'Avignon formé aux principes de fortification de Vauban. Le résultat se lit immédiatement sur le terrain : des rues droites qui se coupent à angle droit, un axe principal reliant la porte de terre à la mer, et un système de remparts et de bastions conçu d'un seul tenant plutôt que rapiécé au fil des siècles. Le second fait déterminant est le vent. Les alizés descendent cette côte presque toute l'année, réguliers et soutenus : ils ont fait la valeur du mouillage à l'époque de la voile, et ils font aujourd'hui de la baie l'un des plans d'eau les plus réputés d'Afrique pour la planche et le kitesurf. Ils expliquent aussi que la longue plage se marche, se monte à cheval et se navigue plutôt qu'elle ne se bronze, et qu'Essaouira reste fraîche quand l'intérieur du pays devient accablant — raison pour laquelle Marrakech se vide vers la côte en août. Reste un port de pêche en activité, des remparts battus par la houle, une marqueterie de thuya sans équivalent dans le pays et une douceur de vivre reconnue. Deux jours suffisent à en faire le tour ; beaucoup en restent cinq.

Découvrir Essaouira

Presque toutes les médinas marocaines sont le produit de siècles d'ajouts, d'où leur caractère de labyrinthe. Essaouira échappe à la règle parce qu'elle a été commandée comme un projet unique : vers 1760, Sidi Mohammed ben Abdallah veut un port atlantique défendable et sous son contrôle, et il en remet le plan à Théodore Cornut, ingénieur avignonnais nourri de l'école de Vauban. Le vocabulaire est donc immédiatement familier — courtines continues, bastions d'angle, plateforme d'artillerie face au large — appliqué ici à une ville neuve plutôt qu'à une place forte européenne. Pour le visiteur, cela change tout : on peut flâner sans itinéraire et savoir malgré tout où l'on se trouve, ce qui supprime l'inquiétude sourde d'une première journée à Fès. Les murs restent la meilleure introduction. La Skala de la Ville, longue terrasse d'artillerie côté océan, aligne ses canons de bronze au-dessus des rouleaux qui viennent frapper la roche : y monter en fin d'après-midi est, si l'on ne devait faire qu'une chose, la chose à faire.

Questions fréquemment posées

Cela dépend de ce que l'on attend d'une plage. Le sable est immense et remarquable pour la marche, l'équitation et surtout la glisse, mais l'Atlantique y est froid et le vent souffle presque tous les jours : mauvais choix pour le bronzage, excellent pour être dehors et actif.

Oui, à deux heures et demie ou trois heures de route dans chaque sens, et beaucoup le font. On verra les remparts et le port, et l'on manquera ce que la ville réussit le mieux : la fin de journée et sa lenteur. Une nuit sur place change entièrement le séjour.

Parce qu'elle a été dessinée et non accumulée. La ville a été bâtie comme un projet unique dans les années 1760 sur une trame de rues se coupant à angle droit, sans l'enchevêtrement des médinas formées au fil des siècles.