Fès, Maroc : la médina piétonne, les tanneries et la plus ancienne université

Guide de la ville avec infos clés, voyages, business et culture.

MarocFès-Meknès

Aperçu

Fès abrite la plus vaste zone urbaine sans voitures au monde — une médina médiévale de neuf mille ruelles, qui travaille encore comme ville d'artisans au lieu de se donner en spectacle.

La médina piétonne

La plus vaste zone urbaine sans voitures au monde — neuf mille ruelles, charrettes et mulets, aucun plan rationalisé.

Médersas et Qaraouiyine

Des collèges couverts de cèdre sculpté, de plâtre ciselé et de zellige, près d'une université fondée en 859 et toujours active.

Artisanat vivant

Zellige taillé à la main, laiton martelé, bleu de Fès et tanneries de Chouara — une économie, pas une vitrine.

La meilleure table du pays

Pastilla, harira et tajines mijotés — Fès est tenue pour la capitale gastronomique du Maroc.

Culture

Fès passe pour la capitale gastronomique du Maroc, et la pastilla en fait la démonstration : feuilleté de warqa très fine, traditionnellement au pigeon et aujourd'hui souvent au poulet, parfumé de cannelle et d'amandes puis saupoudré de sucre — salé et sucré dans la même bouchée. Goûtée sur place, elle est plus fine et moins sucrée que la plupart des versions servies en Europe. La harira, épaisse soupe de tomate et de lentilles, est partout, comme les tajines mijotés au citron confit et aux olives ou aux pruneaux et amandes. Le khlii, viande confite et épicée, se mange au petit-déjeuner avec des œufs. Les meilleures tables sont souvent celles des riads et se réservent des heures à l'avance ; dans la médina, les échoppes servent la bissara, des brochettes grillées et le pain cuit au four de quartier. Festivals : Festival de Fès des musiques sacrées du monde, au début de l'été, Festival de la culture soufie, au printemps, Les soirées de ramadan dans la médina, dates mobiles, Moussem de Moulay Idriss II, dans la médina. Musées : Musée Dar Batha — artisanat, céramique et zellige de Fès, Musée Nejjarine des arts et métiers du bois, Médersas Bou Inania et Al-Attarine, Synagogue Ibn Danan, dans le mellah.

Infos pratiques

Sécurité : Fès est une ville sûre pour les visiteurs et les difficultés réelles tiennent à la sollicitation et à l'orientation, non à la délinquance. Des guides non officiels proposeront de vous conduire dès que vous semblerez perdu, parfois avec insistance et parfois en vous menant où vous n'aviez pas demandé d'aller ; un refus ferme et souriant suffit, et les guides officiels portent une carte. Dans les ruelles, rangez-vous contre le mur dès que vous entendez venir une charrette ou un mulet : il n'y a pas de place pour discuter. La médina est mal éclairée la nuit et difficile à lire : rentrez par un chemin déjà parcouru. L'été est chaud dans une ville sans ombre, et les vieux riads sont froids en hiver. Langue : L'arabe marocain est la langue du quotidien et l'amazighe est officiel aux côtés de l'arabe standard. Le français est très largement pratiqué — commerces, hôtels, restaurants, gares, signalétique — et vous mènera à peu près partout, ce qui rend cette ville nettement plus accessible pour vous que pour la plupart des visiteurs. L'anglais est courant dans le tourisme de la médina, beaucoup moins au-delà. Monnaie : Le dirham marocain, monnaie fermée que l'on se procure sur place plutôt qu'avant le départ, et qu'il faut dépenser ou reconvertir avant de repartir. La carte fonctionne dans les hôtels, les grands restaurants et la ville nouvelle, mais la médina marche aux espèces : artisanat, échoppes, guides, porteurs, taxis. Les distributeurs sont nombreux dans la ville nouvelle et rares à l'intérieur des murs — retirez avant d'y entrer pour la journée.
Aperçu voyage

Si vous avez déjà vu Marrakech, Fès est l'autre voyage — et pour un voyageur francophone, c'est précisément celui que l'on remet à plus tard. Il ne faudrait pas. Fès est la plus ancienne des villes impériales et la moins retouchée, et un seul fait suffit à la définir : sa médina ne connaît pas la voiture. Fès el-Bali forme la plus grande zone urbaine piétonne du monde, une ville close de murailles où quelque neuf mille ruelles s'entrelacent, où les marchandises circulent encore à la charrette et au mulet parce que rien d'autre ne passe, et dont le plan n'a jamais été rationalisé pour la commodité de qui que ce soit. Vous vous perdrez : ce n'est pas un défaut de préparation, c'est l'expérience même, et les ruelles sont assez courtes et les habitants assez serviables pour que l'égarement reste bref. À l'intérieur se concentrent des choses qui n'existent nulle part ailleurs à cette densité : la Qaraouiyine, fondée en 859 et tenue pour la plus ancienne université en activité continue au monde ; des médersas dont les cours sont couvertes du sol au plafond de cèdre sculpté, de plâtre ciselé et de zellige ; et les tanneries de Chouara, où les peaux se travaillent encore dans des cuves de pierre, que l'on observe depuis les terrasses des marchands de cuir. Ce qui sépare Fès des autres grandes villes du royaume, c'est que l'artisanat y reste une économie et non une vitrine. Ajoutez la table la plus sérieuse du Maroc : trois jours au minimum.

Découvrir Fes

Les liaisons directes, les riads et les week-ends prolongés ont fait de Marrakech la porte marocaine du voyageur francophone, et Fès reste la ville que l'on garde « pour une prochaine fois ». Les deux ne sont pourtant pas interchangeables. Marrakech est plus immédiatement agréable, mieux équipée en hôtels, en tables et en vie nocturne, et sa médina est plus petite et plus mise en scène. Fès est plus ancienne, bien plus vaste comme tissu médiéval, nettement moins retouchée, et son artisanat travaille pour le marché intérieur plutôt que pour le visiteur. Elle demande davantage et rend davantage. Si vous connaissez déjà Marrakech, ce n'est pas une redite : c'est l'autre moitié du pays.

Questions fréquemment posées

Oui, et ce n'est pas une redite. Fès est plus ancienne, bien plus vaste comme tissu médiéval, nettement moins retouchée, et son artisanat travaille pour le pays plutôt que pour le visiteur : on y regarde tailler le zellige et marteler le laiton pour de vrai. En contrepartie, elle offre moins de confort organisé et demande davantage d'efforts. Marrakech est plus immédiatement plaisante, mieux dotée en hôtels, en tables et en vie nocturne, et plus proche en vol direct. Les deux villes racontent deux moitiés différentes du même pays ; si vous ne connaissez que l'une, l'autre reste entière à découvrir.

Oui, et non. Fès el-Bali compte des milliers de ruelles sans plan rationnel, qui changent de largeur sans prévenir, et la carte du téléphone peine là où les maisons enjambent la rue. Se perdre est l'expérience ordinaire, pas une erreur. Ce qui rend la chose gérable, c'est que la médina est close : les portes sont les points fixes. Repérez la plus proche, gardez par écrit le nom de votre riad et de sa ruelle, et adressez-vous à un commerçant plutôt qu'à quelqu'un qui vous aborde. Un guide officiel la première demi-journée vaut son prix, surtout parce qu'on en ressort avec une carte mentale.

Très largement. Le français est une langue de travail courante au Maroc : hôtels, riads, restaurants, commerces, gares, guides officiels et administration le pratiquent, et la signalétique est fréquemment bilingue. Concrètement, cela change la nature du séjour — vous négociez, demandez votre chemin, comprenez une explication d'atelier et réglez un imprévu sans passer par une langue tierce, dans une ville où l'orientation est l'obstacle principal. Quelques mots d'arabe marocain sont toujours appréciés, mais rien de tout cela n'est nécessaire pour voyager confortablement ici.