Castries, Sainte-Lucie
Guide de la ville avec infos clés, voyages, business et culture.
Aperçu
Le kwéyòl
Place et cathédrale peinte
Le marché central
Le Morne Fortune
Culture
Infos pratiques
Sainte-Lucie a l'anglais pour langue officielle, et pourtant un francophone y lit la carte sans traduction : Soufrière, Anse La Raye, Vieux Fort, Gros Piton, Marigot. C'est le premier étonnement de Castries, et le second suit vite — la langue du quotidien, le kwéyòl, est un créole à base lexicale française, si bien que l'on saisit un mot sur trois dans une conversation dont on ne comprend pas le fond. La ville elle-même s'ordonne autour d'une baie profonde, sur la côte nord-ouest, adossée à des collines abruptes. C'est une capitale qui travaille, pas un centre patrimonial : plusieurs incendies l'ont ravagée, le plus grave en 1948, ce qui explique des rues basses et modernes là où l'on attendrait vérandas et persiennes. Les rescapés se concentrent autour de la place Derek-Walcott, où la cathédrale de l'Immaculée-Conception cache un intérieur entièrement peint par l'artiste saint-lucien Dunstan St Omer — la plus belle chose dans laquelle entrer en ville. La place porte aussi la fierté locale : cette île de moins de deux cent mille habitants a donné deux prix Nobel, le poète Derek Walcott et l'économiste Arthur Lewis, un record par habitant qu'aucun pays n'approche. Le marché, deux rues plus au nord, est le vrai centre de gravité, surtout le samedi matin. Au-dessus, la route du Morne Fortune monte vers la vue qui rassemble le port, la presqu'île de Vigie et, par temps clair, la Martinique à l'horizon.
Découvrir Castries
L'anglais est la langue officielle et suffit partout, mais la langue de la cour, du marché et de la plaisanterie est le kwéyòl, un créole dont la base lexicale est française. L'expérience est particulière pour un francophone : la structure de la phrase est créole, le vocabulaire vous est familier, et vous attrapez des bribes tout en perdant le sens général — exactement ce que vivent les Antillais qui débarquent ici. C'est aussi ce qui explique une toponymie entièrement française sur une île anglophone. Fin octobre, la Jounen Kwéyòl célèbre cette langue dans tout le pays, les villages accueillant la fête à tour de rôle : vêtements, cuisine et parole créoles pendant une journée entière. C'est le meilleur jour de l'année pour venir chercher la culture plutôt que la plage.
À moitié, et c'est toute la saveur de l'expérience. Le kwéyòl repose sur une base lexicale française : les mots vous sont familiers, la grammaire est créole, et vous attrapez des fragments sans suivre le fond d'une conversation — la sensation exacte qu'éprouvent les Martiniquais et les Guadeloupéens en arrivant. La toponymie, elle, se lit sans effort : Soufrière, Anse La Raye, Vieux Fort, Marigot. L'anglais reste la langue officielle et suffit partout, donc rien de tout cela n'est un obstacle. Pour voir la langue célébrée plutôt qu'entendue au passage, venez pour la Jounen Kwéyòl, fin octobre.
Accordez-lui une demi-journée et vous ne le regretterez pas, mais sachez ce que c'est. Castries est une capitale qui travaille, incendiée puis rebâtie, et n'offre donc pas de centre historique préservé : ce qu'elle offre, c'est la cathédrale peinte sur la place Derek-Walcott, un marché réellement vivant et la vue du Morne Fortune sur la baie. Cela fait une belle matinée, pas un séjour. La plupart des voyageurs s'installent ensuite au nord, vers Rodney Bay, ou descendent à Soufrière pour les Pitons, et reviennent en ville pour son marché, ses tables et ses liaisons.
Cela dépend de votre hébergement, et l'écart est plus grand qu'il n'y paraît. George F. L. Charles se trouve sur la presqu'île de Vigie, à quelques minutes du centre de Castries, et accueille les vols régionaux — c'est la porte d'entrée depuis les Antilles françaises. Les longs-courriers, eux, se posent à Hewanorra, près de Vieux Fort à la pointe sud, à environ une heure et demie de route de la capitale, mais bien plus près si vous logez à Soufrière ou dans le sud. Comparez le temps de transfert à votre adresse avant de réserver : arriver au mauvais bout d'une île montagneuse coûte une après-midi.