Castries, Sainte-Lucie

Guide de la ville avec infos clés, voyages, business et culture.

Sainte-LucieCastries

Aperçu

Castries est la capitale de Sainte-Lucie et son port — une ville caribéenne qui travaille plutôt qu'une ville-musée, et la base d'où l'on rejoint les Pitons, la forêt et les plages du nord.

Le kwéyòl

Un créole à base française sur une île anglophone : toponymie lisible, conversations à moitié saisies, et la Jounen Kwéyòl en octobre.

Place et cathédrale peinte

La place Derek-Walcott, son samaan géant, et une cathédrale entièrement couverte de fresques de Dunstan St Omer.

Le marché central

Fruits et racines, bâtons de cacao, bay rum et artisanat sous une charpente rouge — le samedi matin de préférence.

Le Morne Fortune

La crête au-dessus de la ville : le port, la presqu'île de Vigie et la Martinique par temps clair.

Culture

Le plat national associe la banane verte bouillie à la morue salée, avec oignon et piment : on le mange aux comptoirs du midi plutôt qu'à l'hôtel. Autour de lui, une cuisine largement lisible pour une table antillaise — le bouyon, potée épaisse de racines et de viande qui appartient au samedi ; le calalou, sous une autre orthographe mais avec la même feuille ; le fruit à pain rôti sur la braise ; les bakes, pains frits ou cuits, servis au petit-déjeuner avec la morue. Le thé de cacao se prépare à partir de bâtons de cacao râpés et épicés, vendus au marché, et n'a rien d'un chocolat en poudre. Le rhum est l'alcool local, distillé sur l'île. Les échoppes du marché et les petites adresses derrière le port valent mieux que les artères de croisière. Festivals : Jounen Kwéyòl — la journée nationale du créole, fin octobre, Carnaval, en juillet, Saint Lucia Jazz, en mai, Fêtes des sociétés La Rose et La Marguerite, en août et en octobre. Musées : Walcott House — la maison d'enfance restaurée du poète, Folk Research Centre — langue kwéyòl et culture traditionnelle, Le centre d'interprétation de Pigeon Island, au nord de la ville, La cathédrale de l'Immaculée-Conception — les fresques de St Omer.

Infos pratiques

Sécurité : Castries se parcourt sans difficulté de jour, avec la vigilance urbaine ordinaire : objets de valeur hors de vue, coffre de l'hôtel, et attention dans les rues denses du marché les jours de forte escale, où le vol d'opportunité est le risque réel. Le soir, tenez-vous aux rues éclairées et fréquentées et prenez un taxi plutôt que de traverser à pied les quartiers calmes. Hors de la ville, le soleil tape plus fort que l'alizé ne le laisse sentir, les sentiers de forêt deviennent glissants dès la pluie passée, et la mer du côté atlantique de l'île est bien plus dure que la côte caraïbe abritée sur laquelle donne la ville. Langue : L'anglais est la langue officielle et suffit partout — signalisation, hôtels, commerces, taxis. Le quotidien, lui, se vit en kwéyòl, créole à base lexicale française : un francophone en saisit des fragments sans suivre le fond, et lit en revanche toute la toponymie sans effort. Quelques mots tentés seront toujours bien accueillis. Monnaie : Le dollar des Caraïbes orientales (XCD), arrimé au dollar américain à un taux fixe qui ne bouge pas. Le dollar américain est accepté sur toute l'île, la monnaie étant rendue en XCD ; l'euro, lui, se change en banque — la parenté avec les Antilles françaises s'arrête à la monnaie. La carte passe dans les hôtels, restaurants et grandes enseignes : gardez des espèces pour le marché, les minibus, les petits bars et les pourboires, en petites coupures car la monnaie manque souvent.
Aperçu voyage

Sainte-Lucie a l'anglais pour langue officielle, et pourtant un francophone y lit la carte sans traduction : Soufrière, Anse La Raye, Vieux Fort, Gros Piton, Marigot. C'est le premier étonnement de Castries, et le second suit vite — la langue du quotidien, le kwéyòl, est un créole à base lexicale française, si bien que l'on saisit un mot sur trois dans une conversation dont on ne comprend pas le fond. La ville elle-même s'ordonne autour d'une baie profonde, sur la côte nord-ouest, adossée à des collines abruptes. C'est une capitale qui travaille, pas un centre patrimonial : plusieurs incendies l'ont ravagée, le plus grave en 1948, ce qui explique des rues basses et modernes là où l'on attendrait vérandas et persiennes. Les rescapés se concentrent autour de la place Derek-Walcott, où la cathédrale de l'Immaculée-Conception cache un intérieur entièrement peint par l'artiste saint-lucien Dunstan St Omer — la plus belle chose dans laquelle entrer en ville. La place porte aussi la fierté locale : cette île de moins de deux cent mille habitants a donné deux prix Nobel, le poète Derek Walcott et l'économiste Arthur Lewis, un record par habitant qu'aucun pays n'approche. Le marché, deux rues plus au nord, est le vrai centre de gravité, surtout le samedi matin. Au-dessus, la route du Morne Fortune monte vers la vue qui rassemble le port, la presqu'île de Vigie et, par temps clair, la Martinique à l'horizon.

Découvrir Castries

L'anglais est la langue officielle et suffit partout, mais la langue de la cour, du marché et de la plaisanterie est le kwéyòl, un créole dont la base lexicale est française. L'expérience est particulière pour un francophone : la structure de la phrase est créole, le vocabulaire vous est familier, et vous attrapez des bribes tout en perdant le sens général — exactement ce que vivent les Antillais qui débarquent ici. C'est aussi ce qui explique une toponymie entièrement française sur une île anglophone. Fin octobre, la Jounen Kwéyòl célèbre cette langue dans tout le pays, les villages accueillant la fête à tour de rôle : vêtements, cuisine et parole créoles pendant une journée entière. C'est le meilleur jour de l'année pour venir chercher la culture plutôt que la plage.

Questions fréquemment posées

À moitié, et c'est toute la saveur de l'expérience. Le kwéyòl repose sur une base lexicale française : les mots vous sont familiers, la grammaire est créole, et vous attrapez des fragments sans suivre le fond d'une conversation — la sensation exacte qu'éprouvent les Martiniquais et les Guadeloupéens en arrivant. La toponymie, elle, se lit sans effort : Soufrière, Anse La Raye, Vieux Fort, Marigot. L'anglais reste la langue officielle et suffit partout, donc rien de tout cela n'est un obstacle. Pour voir la langue célébrée plutôt qu'entendue au passage, venez pour la Jounen Kwéyòl, fin octobre.

Accordez-lui une demi-journée et vous ne le regretterez pas, mais sachez ce que c'est. Castries est une capitale qui travaille, incendiée puis rebâtie, et n'offre donc pas de centre historique préservé : ce qu'elle offre, c'est la cathédrale peinte sur la place Derek-Walcott, un marché réellement vivant et la vue du Morne Fortune sur la baie. Cela fait une belle matinée, pas un séjour. La plupart des voyageurs s'installent ensuite au nord, vers Rodney Bay, ou descendent à Soufrière pour les Pitons, et reviennent en ville pour son marché, ses tables et ses liaisons.

Cela dépend de votre hébergement, et l'écart est plus grand qu'il n'y paraît. George F. L. Charles se trouve sur la presqu'île de Vigie, à quelques minutes du centre de Castries, et accueille les vols régionaux — c'est la porte d'entrée depuis les Antilles françaises. Les longs-courriers, eux, se posent à Hewanorra, près de Vieux Fort à la pointe sud, à environ une heure et demie de route de la capitale, mais bien plus près si vous logez à Soufrière ou dans le sud. Comparez le temps de transfert à votre adresse avant de réserver : arriver au mauvais bout d'une île montagneuse coûte une après-midi.