Goa, Inde

Guide de la ville avec infos clés, voyages, business et culture.

Aperçu

Goa est le seul endroit d'Asie où l'héritage ibérique —églises baroques classées UNESCO, cuisine au vinaigre et au porc, carnaval hérité du Mardi Gras— coexiste avec les plages de l'océan Indien et la gastronomie konkanie. L'histoire française s'y inscrit dès l'origine : c'est au Collège Sainte-Barbe de Paris que François Xavier rencontra Ignace de Loyola, avant de débarquer à Goa en 1542 comme nonce apostolique et d'y reposer pour l'éternité.

Patrimoine jésuite et UNESCO

Old Goa : Basilique de Bom Jesus avec les restes de François Xavier (étudiant à Paris, 1525), Cathédrale Sé et Église Saint-Cajétan —ensemble baroque inscrit au Patrimoine mondial de l'UNESCO en 1986.

Plages nord et sud

Nord (Calangute, Anjuna, Arambol) pour les marchés, l'ambiance nocturne et l'énergie ; sud (Palolem, Agonda) pour la tranquillité, les plages de tortues et l'excursion aux chutes de Dudhsagar.

Cuisine indo-portugaise

Vindaloo de porc mariné au vinaigre, xacuti au coco grillé, sorpotel de Noël, bebinca à seize couches et feni de noix de cajou (distillat d'appellation protégée) —la seule cuisine indienne construite sur 450 ans d'héritage ibérique.

Carnaval et Fête de François Xavier

Le carnaval de Goa (février–mars) prolonge la même tradition catholique que le carnaval de Nice et le Mardi Gras antillais. La Fête de François Xavier (3 décembre) réunit des millions de pèlerins à Old Goa.

Musique et marchés

Berceau du Goa trance —racine directe de la scène européenne des raves et du psytrance mondial— ; Marché d'Anjuna (depuis 1974) ; Festival Sunburn (décembre, Vagator) ; marché nocturne d'Arpora.

Nature et intérieur

Chutes de Dudhsagar (310 mètres, quatre niveaux), circuits dans les domaines d'épices du Western Ghats, Sanctuaire de Bhagwan Mahaveer et écologie fluviale du Mandovi.

Histoire

Goa fut le centre commercial maritime de la dynastie Kadamba et de l'Empire Vijayanagara avant qu'Afonso de Albuquerque ne la prenne au Sultanat de Bijapur le 25 novembre 1510. Sous domination portugaise, Goa devint la capitale de l'Estado da India —le centre administratif de tout l'empire portugais d'Orient, du Mozambique à Macao. À son apogée à la fin du XVIe siècle, Velha Goa était l'une des villes les plus peuplées du monde, comparable à Lisbonne. L'Inquisition (1560–1812) interdit l'hindouisme et l'islam dans les Vieilles Conquêtes, détruisit des temples et convertit de force une grande partie de la population ; le caractère mixte catholique-hindou-musulman de la Goa moderne est le résultat de ces trois siècles de pression. Le déclin vint après les blocus hollandais du XVIIe siècle ; la capitale fut transférée à Panaji en 1843. Le Portugal maintint Goa malgré l'indépendance indienne de 1947 ; l'opération militaire indienne Vijay du 19 décembre 1961 mit fin à 451 ans de domination portugaise en 36 heures. Goa devint Territoire de l'Union, puis accéda au statut d'État le 30 mai 1987.

Culture

Le curry de poisson au riz est le repas quotidien goanese : pomfret, poisson-roi ou crevettes en curry rouge à la noix de coco, avec riz blanc vapeur et achards de crevettes. Le vindaloo de porc (marinade au vinaigre et à l'ail, technique cousine du confit), le xacuti au coco grillé et le sorpotel de Noël sont les plats liturgiques des maisons catholiques goanese. La bebinca —seize couches de noix de coco et d'œuf, cuites couche par couche— se trouve dans les boulangeries de Panaji et Margao. Le feni de noix de cajou ou de palme est l'eau-de-vie régionale goanese à Indication Géographique Protégée. Meilleures adresses : Ritz Classic (Panaji) pour la cuisine goanese catholique, la zone du marché couvert de Margao pour les déjeuners rapides locaux, et le cluster d'Assagao (Baba Au Rhum, Bomra's, Villa Blanche) pour la scène gastronomique internationale. Festivals : Carnaval de Goa (février–mars, avant le Mercredi des Cendres) — quatre jours de chars, costumes et musique dans les rues de Panaji et Margao ; héritage de la tradition catholique portugaise, de la même famille que le carnaval de Nice et le Mardi Gras antillais, Fête de François Xavier (3 décembre, Old Goa) — pèlerinage annuel à la Basilique de Bom Jesus ; Grande Exposition des reliques tous les dix ans (prochaine : 2034), avec plus de huit millions de visiteurs, Sunburn Festival (décembre, Vagator) — le plus grand festival de musique électronique d'Asie, trois jours avec une programmation internationale, Shigmo (mars) — fête printanière hindoue, pendant du Carnaval ; danses folkloriques et processions de temples dans les communautés villageoises, Ganesh Chaturthi (août–septembre) — célébré avec une intensité particulière dans les communautés hindoues de Goa ; immersion des idoles de Ganesh en mer à Miramar et Panaji. Musées : Musée d'État de Goa (Panaji) — collection historique : antiquités pré-portugaises, documents coloniaux, monnaies goanese et artefacts tribaux, Musée archéologique (Old Goa, dans le Couvent de Saint-François d'Assise) — sculptures indo-portugaises, portraits des vice-rois et bronzes, Musée Goa Chitra (Salvador do Mundo) — collection privée de l'artiste Victor Hugo Gomes ; plus de quatre mille objets de la vie goanese pré-industrielle, Musée Navtara Heritage (Moira) — meubles, bijoux et objets de maison goanese dans une maison restaurée de l'époque portugaise.

Infos pratiques

Sécurité : La sécurité en plage est le principal risque : les courants peuvent changer rapidement, notamment dans le tronçon Calangute–Baga, qui concentre le plus grand nombre de noyades de Goa. Respecter les drapeaux des maîtres-nageurs —drapeau rouge signifie interdiction absolue de baignade. Le vol à la tire sur les plages très fréquentées est courant ; laisser les objets de valeur dans le coffre de l'hôtel. La surfacturation des taxis aux touristes est habituelle : toujours convenir du tarif avant de monter ou utiliser l'application GoaMiles. La surveillance policière en matière de stupéfiants est plus stricte que la réputation de Goa le laisse supposer ; des ressortissants étrangers ont été poursuivis. Urgences : 112. Langue : Le konkani est la langue officielle de l'État ; le marathi est la langue de travail d'une grande partie de la communauté hindoue ; des mots portugais restent intégrés dans la langue courante goanese catholique (arroz pour riz, pão pour pain). L'anglais est compris naturellement dans les zones touristiques, les restaurants, les hôtels et les commerces. L'hindi fonctionne partout dans l'État. Monnaie : Roupie indienne (INR). Les cartes bancaires sont acceptées dans les hôtels, restaurants et commerces de taille moyenne. Les espèces sont indispensables dans les paillotes de plage, les auto-rickshaws, les marchés et les petites pensions. Distributeurs automatiques disponibles à Panaji, Margao, Calangute et Mapusa. Les paiements numériques UPI (PhonePe, Google Pay) sont acceptés dans la plupart des établissements de milieu de gamme et au-dessus.
Aperçu voyage

Goa occupe une position singulière en Asie : c'est l'unique destination du sous-continent indien où cinq siècles de présence portugaise ont laissé une empreinte architecturale, culinaire et religieuse comparable aux quartiers coloniaux de Pondichéry —l'autre enclave indo-coloniale, française celle-là. Pour le voyageur francophone, le lien avec Goa est plus direct qu'il n'y paraît : c'est au Collège Sainte-Barbe, à Paris, que Francisco de Jaso y Azpilcueta —François Xavier pour la tradition catholique française— rencontra Ignace de Loyola en 1525, et c'est de cette amitié parisienne que naquit la Compagnie de Jésus, l'ordre qui allait évangéliser l'Inde, le Japon et les Moluques. Xavier débarqua à Goa le 6 mai 1542 et ses restes reposent depuis 1553 dans la Basilique de Bom Jesus, en vénération permanente. L'ensemble de Sept Monuments de Velha Goa —Basilique de Bom Jesus, Cathédrale Sé, Église Saint-Cajétan, Église Saint-François d'Assise, Chapelle Sainte-Catherine, Église Notre-Dame-du-Rosaire et ruines de Saint-Augustin— a été inscrit au Patrimoine mondial de l'UNESCO en 1986 : le seul ensemble d'architecture religieuse européenne d'Asie à avoir reçu cette distinction. Au-delà du patrimoine, Goa est une destination balnéaire de premier plan avec une saison sèche calquée sur l'hiver européen —novembre à mars— et des connexions aériennes depuis Paris Charles-de-Gaulle via Mumbai ou Delhi, vol de correspondance d'une heure et demie. La cuisine goane est l'autre révélation : le vindaloo original —marinade au vinaigre et à l'ail à technique cousine du confit français— n'a rien à voir avec la version britannique ; la bebinca, gâteau aux seize couches de coco et d'œuf cuit couche par couche, rappelle les pâtisseries feuilletées de la tradition française ; et le feni de noix de cajou, distillat géographiquement protégé, partage avec le calvados normand la logique d'une eau-de-vie régionale d'appellation protégée. Pour organiser le séjour : le nord (Anjuna, Vagator, Arambol) est plus animé et relié au nouvel aéroport de Manohar ; le sud (Palolem, Agonda, Colva) est plus tranquille et dépend de l'aéroport historique de Dabolim. Old Goa et Panaji constituent le pôle culturel, indépendamment de la plage choisie.

Découvrir Goa

Old Goa, à 9 kilomètres de Panaji le long du fleuve Mandovi, est l'ensemble d'architecture religieuse européenne le plus important d'Asie —et le seul inscrit au Patrimoine mondial de l'UNESCO (1986). Le lien avec la France est fondateur : François Xavier fit ses études au Collège Sainte-Barbe à Paris où il rencontra Ignace de Loyola ; cette amitié parisienne donna naissance à la Compagnie de Jésus et conduisit Xavier à Goa dès 1542. Ses restes, remarquablement conservés depuis plus de quatre siècles, reposent dans une châsse d'argent du XVIIe siècle à la Basilique de Bom Jesus (1605). Le corps est exposé à la vénération publique lors de la Fête de François Xavier le 3 décembre, et lors d'une Grande Exposition décennale qui attire plus de huit millions de pèlerins (prochaine : 2034). La Cathédrale Sé (commencée en 1562, consacrée en 1619) est la plus grande église de Goa et l'une des plus grandes d'Asie : sa cloche dorée, fondue en 1652, est réputée la mieux timbrée du pays. L'Église Saint-Cajétan (1661), construite par des prêtres théatins italiens sur le modèle de la basilique Saint-Pierre de Rome, complète le trio principal. L'Église et Couvent de Saint-François d'Assise —aujourd'hui Musée archéologique— abrite sculptures indo-portugaises et portraits des vice-rois. Old Goa se visite de préférence en semaine, le matin, pour éviter l'affluence des pèlerins autour de la Basilique. Entrée libre dans toutes les églises ; tenue décente exigée.

Missions diplomatiques à Goa

1 mission dans cette ville, regroupées par région.